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Bristol
Le rock'n'roll a cela de magique qu'il confronte les groupes aux mille légendes de leurs prédécesseurs qui ont emplies tant de magazines, de livres, de reportages. Nous glissons sous elles, deux de ses mythes nous y portent : le concert, la route. Nous nous produisons le soir pour la fête de la musique à Eghezée, le lendemain c'est le départ pour Bristol. Bien sûr, l'une des deux équipées est en retard. On craint de louper le bateau. Finalement l'Audi 80 grenat déclassée déboule sur l'autoroute. On embarque. Seul Benjamin est resté à la maison, nous sommes 7 sur le ponton du ferry. Je pense à Marvin Gaye ; les ferries me font toujours penser à Marvin Gaye... Puis la route et l'auto-cassette. Arrivée à Bristol, perdus dans un quartier pourri… On a raté la sortie ? Jesse ne répond pas au téléphone ! Finalement il nous rejoint dans sa Micra. On a rendez-vous au parc de Fishponds avec Maddy et Rasha. Partie de freesbee. Installation dans les salons de notre résidence du basement flat de Jesse, Fishponds Road. Les filles ? Elles s'installent dans la chambre du chanteur… L'après-midi, nous découvrons le studio, dans le quarter indien. Après avoir en vain cherché la solution aux inéluctables problèmes informatiques, nous partons à la découverte du centre-ville et de ses pubs. Guiness ! A 2h00 du mat, nous cuisons quelques meatballs au grand dam de Jesse qui ne s'arrête plus de rire ! Evelyne a aussi apporté deux grandes boîtes de raviolis dont personne ne voudra jamais. Si on est certes restés boy-scouts, ça, c'est au-delà de nos limites. Elles trônent toujours dans le fond d'une armoire aujourd'hui, elles prennent de la valeur en attendant de se retrouver au catalogue Sotheby's dans 15 ans ! Les sessions commencent (pour en savoir plus sur l'enregistrement proprement dit, reportez-vous à la section Making Of). Nous plongeons dans les caves et restons enfermés une bonne partie de la journée. Tout se passe bien dorénavant ; on s'amuse, les idées fusent, tout prend magiquement forme. Mais la concentration de Jesse a ses limites et nous passons rapidement le cap des soirées, sorties entre amis à l'extérieur. Nous fêtons dignement l'anniversaire de Barbara… Dans un parc, tradition oblige. Nous montons la plus haute tour de la ville et admirons le panorama. Après avoir mis à sac une pizzeria, nous investissons le bar reggae de la ville. Danses. Toujours pas rassasiés de sensations fortes, Jesse nous conduit un peu à l'extérieur de la ville, à Clifton Bridge : un vieux pond suspendu. Dans le silence et l'obscurité, François et Thomas défient l'immense vallée, escaladent l'armature métallique et jouent aux funambules sous les rires étouffés d'angoisse de Jesse. Le vent apporte un vif parfum de bonheur. Une fois notre temps imparti écoulé, il faut rentrer. Deux jours plus tôt, pour cause d'un départ trop tardif, François, Evelyne, Barbara et Thomas avaient dû se blottir dans la voiture pour passer la nuit sur la côte en attendant le ferry matinal. Gravées sur mini-disk, leurs palabres nocturnes nous font encore rire… Ludo et Sébastien, prévoient le coup, quittent la ville bien à temps, mais sur les files s'allongent sur l'autoroute, la radio compatit : " Désolé pour ceux qui sont sur la M3, c'est un vrai cauchemar aujourd'hui ! " 3 heures d'embouteillage… Pour attraper le dernier ferry avant les vacances, il nous faut faire du 180 ! Du haut de la colline, en scope, un travelling infernal nous dévoile enfin la mer et près verts de Douvres. Nous passons les barrières à deux minutes de la clôture des guichets. Ca tangue sur la navire du retour, les souvenirs se percutent, surnage l'espoir de terminer l'album pour une sortie à la rentrée… On était loin d'imaginer la route qu'il nous restait à faire. |


