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Le recrutement, les premières heures
Après l'aventure des Troubadours et leur rock-folk planant qui fit les belles heures de quelques cafés tournaisiens et bruxellois, après la fin du projet parallèle Strings, Sébastien et Benjamin poursuivent leurs excursions musicales, entre les assiettes de spaghetti, le rosé de supermarché, le litres de café, les (inter)minables parties d'échecs. François, pianiste historique des Troubadours, n'a jamais vraiment non plus disparu de la circulation. Et il ne faut pas trop insister pour qu'il rejoigne déjà l'embryon de groupe. Benjamin fait rapidement la preuve de son excellence dans l'art de dénicher de jeunes talents. La première embauche a lieu dans un compartiment de seconde classe. S'évadant du casque de baladeur enfui sous les boucles de la coiffure de son vis-à-vis, Benjamin reconnaît immédiatement Miles Davis (Ascenseur pour l'échafaud de Louis Malle); après l'interrogatoire Ludovic avoua être lui-même trompettiste. D'où rapidement premiers enregistrements sur quatre pistes, et tout est déjà là : les couches de guitares pop-folk, la basse mélodique et sa sobre expressivité, les mélodies franches et ciselées de la trompette, le chant pop mais retenu. Sur ces squelettes délicatement innervés viendront se greffer les fioritures virtuoses du piano et les poussées liquides d'orgues à mi-chemin entre les Doors et Talk Talk. Pendant ce temps, le chasseur de têtes bien faites ne chôme pas. A plus de mille mètres d'altitude, il dégote la perle rare. Dans un hameau isolé des Pyrénées catalanes, abandonné puis réinvesti par un couple belgo-catalan de ses amis ; il embauche Brabara, un petit bout de souffle, dont la virtuosité n'a d'égal que sa bouillonnante envie d'en découdre, le groupe s'enrichit d'une flûte traversière. Au milieu d'une réunion d'opposants aux OGM et au monde qui les produit, notre recruteur découvre que son interlocuteur est vaguement batteur, plutôt percussionniste, et essentiellement maître-échantillonneur. Ainsi, ce musicien que des années durant nous avions cherché en vain à coups d'annonces stipulant en caractère de taille 32 " batteur subtil " est-il apparu en ces circonstances singulières. Le groupe prend déjà ses allures de collectif à géométrie variable. Sébastien Delay, un vieil ami de la scène rock tournaisienne, leader d'un combo psyché et furibard, rejoint lui aussi la troupe. Les arpèges bucoliques sur le refrain de Tired Wings, c'est lui. La pluie mélodique à l'orgue clair façon Doors sur la version démo de Goodbye, c'est encore lui. Les discrets frottement soniques au bottleneck sur la fin aquatique de Golden, c'est lui aussi. Evelyne fut la dernière a rejoindre la première formation de Major Deluxe. L'idée de Sébastien était à l'époque de réunir le plus de musiciens possible pour ses symphonies. Evelyne officiait au second clavier. Pour sa première expérience rock, Evelyne étonne par les harmonies étranges et fantastiques qu'elle appose aux constructions orchestrales du groupe. Les années qui suivirent, le groupe connut quelques changements de personnel. Le développement des cellules familiales, les départs à l'étranger, les parcours artistiques divergents, les quelques escarmouches habituelles provoquèrent le départ ou l'éloignement temporaire de certains membres de la famille MD. Mais il y eut aussi de nouvelles rencontres, des retours, et de nouvelles collaborations avec Sébastien, Corentin, Nicolas, et Samuel notamment. C'est avec ce dernier, que François, Sébastien, Thomas et Ludovic poursuivent aujourd'hui leurs aventures, toujours prêt à recevoir leurs anciens confrères pour quelques concerts ou enregistrements. |










